Jésus: le vrai berger

 

 Par Père AKOBE Dominique, marianiste (RCI)

Le vrai berger

      4e dimanche de Pâques   -   15 mai 2011

Act 2,14a.36-41   -   1 P 2n10b-25   -   Jn 10, 1-10

 

Aujourd’hui dimanche du bon pasteur, l’Evangile nous présente Jésus, le bon Berger, celui qui connait chacune de ses brebis ….

A bien y regarder l’Ecriture nous parle de ce qu’on appelle souvent le « combat spirituel ». Le Christ nous montre la route qui nous convient. Mais d’autres influences et d’autres pressions s’ingénient à nous en faire dévier, à nous tromper, à nous faire croire qu’une autre route serait meilleure.

             Dans son évangile, Jean part d’une pratique bien connue au pays de Jésus en son temps. Cette pratique lui sert d’image pédagogique. Parmi les gens de la ville, beaucoup possèdent un troupeau de moutons. Les troupeaux ne sont pas dans la ville, ils sont à l’extérieur, confiés à un berger. Pour la nuit les bergers rassemblent plusieurs troupeaux dans un seul enclos, pour mieux les protéger. Certains bergers font profession de garder les troupeaux dans un enclos pendant la nuit. Le matin, chaque berger vient chercher son troupeau pour le mener au pâturage. Les bêtes de chaque troupeau connaissent leur berger et reconnaissent sa voix, quand il les appelle. Le berger d’un troupeau se présente à la porte de l’enclos, le gardien lui ouvre, et ses bêtes, qui le connaissent, viennent à lui. Il les conduit au pâturage qu’il juge le meilleur. Jésus se compare au berger qui vient chercher son troupeau, et qui les conduit vers le bon pâturage. Une tendre relation l’unit à ses Brebis.

             Mais dans la description de cette réalité plusieurs cas de difficulté pourraient se présenter et susciter des questionnements :

 1. Pour ce qui concerne les bergers ; on remarque que des pasteurs voleurs de bétail, se présentent souvent et n’agissent pas de manière normale. Ils s’efforcent de séduire des bêtes qui ne leur appartiennent pas, ils les appellent pour qu’elles se trompent de maître. Ou bien ils franchissent les clôtures sans passer par la porte, pour dérober des brebis.

On voit facilement le sens de la comparaison que Jésus utilise. Le bon et vrai berger qui se présente à la porte, le prototype des bergers, c’est Jésus lui-même qui connaît ceux qui croient en lui. Il les appelle par leur nom, c'est-à-dire qu’il a noué une relation intime avec ceux qui reçoivent son évangile. Une tendre relation l’unit à ses Brebis. Lui le berger, il les suit partout, ce ne sont plus les brebis qui le suivent mais c’est lui qui les suit et leur montre tout ce qu’elles doivent connaître. Lui, le vrai berger se donne tout entier à son troupeau. « Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis », dit Jean, dans le passage qui suit celui que nous avons lu aujourd’hui. Le mauvais berger et voleur fait le contraire.

             Et le voleur de bétail, c’est Satan par excellence, avec tous les individus qu’il inspire. Donc Satan se présente sous toutes sortes de formes : sous la forme des personnes qui trompent et qui persuadent ; sous la forme des propagandes qui promettent des bonheurs qui ne viendront jamais ; sous la forme des idéologies, le plus souvent politiques, qui opposent les hommes au lieu de les rassembler ! Sous la forme aussi des promesses de grandeurs, de puissance et d’argent, jamais tenues mais toujours enjôleuses ; sous la forme encore des mensonges qui font espérer des bonheurs illusoires ; des séductions qui ne tiennent pas leurs promesses… voilà les voleurs, les sortes de bergers bandits desquels il faut se méfier.

                       Et aussi à se premier niveau de l’analyse, la question reste posée pour nous « bergers du troupeau de Dieu » ; les responsables d’Eglise, consacrés de tous genres. Que faisons-nous ?

L’Evangile du bon Pasteur devrait nous encourager à être des guides à la manière de Jésus qui donne sa vie pour son troupeau. La spiritualité de ce dimanche devrait renouveler en nous l’enthousiasme de suivre Jésus et nous identifier à lui et remet devant nous la question de la qualité de notre relation avec le peuple qui nous est confié. L’observation de la réalité nous montre qu’il y a trop de pasteurs visionnaires, voleurs et bandits, qui trompent les fidèles. Il y a trop de faussent prophéties, trop de mauvaises décisions qui peuvent nuire aux fidèles. Nous devons nous autocritiquer, être vigilent et discerner.

 Le deuxième cas de figure concerne les fidèles.

Premièrement, il apparait qu’il des genres de fidèles qui se croient visionnaires pour conduire leur camarade fidèle. C’est à eux que Dieu parle tout le temps, c’est à eux que la Vierge Marie confie des messages…même le prêtre établi et ordonné le comprend pas, il n’a aucune vision, aucun message directement divin pour les brebis…et il se trouve des chrétiens sans aucun discernement, à la recherche du miracle cadeau, pour les suivre ! et malheureusement cela fait des dégâts…. Mais vous autres qui agissez ainsi, qui vous a choisi et établi ? qui vous a ordonné pour être pasteur du troupeau ? Arrêtez donc de vous vêtir du manteau de pasteur, arrêtez d’imiter la voix du pasteur pour séduire et voler du bétail, arrêtez de vous vêtir de la peau d’agneau alors que vous êtes des loups….

 A l’intérieur de ce cas de figure il y a la totalité des fidèles eux-mêmes dont il faut parler. Nous venons de vous présenter la réalité de la relation qui unissait les bergers aux troupeaux au temps de Jésus. Plusieurs troupeaux se parquaient dans un même vaste enclos et les bergers se présentaient, appelaient leur bêtes pour les faire sortir parce qu’ils se redonnaient ; chaque berger avec son troupeau, chaque brebis reconnaissaient la voix de son maitre berger. Or si analyse les probabilités, on pourrait tomber sur le cas où un beau jour  tous les bergers se présenteraient et ils appelleraient au même moment. Est il possible encore pour les brebis de reconnaitre la voix particulière de leur maitre ?

 J’avoue que cela me fait réfléchir : il y a plusieurs sortes de berger. Il ya Jésus lui-même ; il y a Satan ; il y a l’argent ; il ya le pouvoir ; le plaisir ; il y a les vendeurs d’illusion ; il ya la télévision ; internet ; les médias, O les médias nationaux et internationaux aussi impérialistes les uns que les autres ; il y a les féticheurs et les médicaments, il y a les marabouts, il ya même un nouveau genre de pasteur qui vient d’apparaitre sur la scène pour ne pas dire une nouvelle bergère : la politique….

 Il se trouve que dans notre vie actuelle tous ces pasteurs se présente devant l’enclos de nos quotidiennetés et appellent en même temps.

Chrétien, chrétienne, la voix de quel berger écoutes-tu ? La voix de quel berger te séduit ? Dans ce brouhaha d’appel, parviens-tu à identifier les traits de la voix de Jésus pour le suivre ?

 N’oublie pas. Aujourd’hui également, en Eglise, c’est la journée mondiale des vocations : vocation signifie « appel ». Le bon berger nous appelle tous.

 Mais toi, à quoi penses-tu que le bon berger t’appelle ? Quel est le chemin de vie qu’il t’invite à parcourir pour réaliser ta mission sur terre ?

             Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer. Sur des prés d’herbes fraiches, il me fait reposer ; vers les eaux tranquilles il me mène et me fait revivre : prions pour qu’il fasse revivre tous les mariés chrétiens ; qu’il renouvelle les grâces des consacrés, des guides et des pasteurs établis…

            Jésus le bon berger, si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal car il est avec moi ; son bâton me guide et me rassure : prions pour tous les défunts de cette crise pour le bon berger les conduise jusqu’au royaume ; qu’il console toutes les personnes qui ont perdu un être chers et pour qui nous prions aujourd’hui.

             Jésus le bon berger établit et transmet le pouvoir ; par sa houlette il conduit et corrige …prions pour les nouvelles autorités afin que l’esprit de Dieu les éclaire et les bénisse pour le bonheur du peuple apaisé et réconcilié…et que déjà pour l’heure elles aient le courage de faire arrêter ce qui ne marcherait pas bien…

             Oui, chers frères et sœurs,

Si nous voulons nous attacher à Jésus et mettre sa Parole en pratique les voleurs de bétail vont se mettre en branle. Les idéologies trompeuses et les saboteurs de la foi chrétienne qui emploient tous les moyens, des plus subtils aux plus tapageurs, pour aveugler ceux qui cherchent la lumière de Dieu, vont se raviser et emprunter le chemin de la charité. A commencer par les grands médias qui franchissent toutes les frontières, la radio, la télévision, internet, qui sont porteurs de toutes les vérités, mais aussi de toutes les falsifications, de toutes les tromperies et de tous les mensonges. Les chrétiens sont parfois fort peu dynamiques pour répondre clairement à toutes ces falsifications dont les ondes, les écrits et les messages nous empoisonnent. Il faut réagir…

                         L’Apôtre Pierre avait lui aussi sa manière de réagir. Il nous dit aujourd’hui : « Si l’on vous fait souffrir alors que vous avez bien agi, vous rendrez hommage à Dieu en tenant bon ». Quelle que soit la perversité de ceux qui veulent s’introduire dans la bergerie pour y faire du mal, pour l’honneur de Dieu, résistez.

             « Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire » dit Jésus. Tous ceux qui s’opposent à l’Eglise ne le font pas pour le bien, mais pour le mal. Quant à nous, faisons confiance au Bon Berger, celui qui donne sa vie pour ses brebis. Et laissons-nous appeler par lui, et par lui seul, quand il se présente à la porte de la bergerie.

 Amen !

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